15 avril 2006
Guérir d’amour !
Dépasser la souffrance en refusant la dépendance… et découvrir cette liberté d’aimer sans compter !
Pourquoi se refuser les sentiments mélangés, les amours croisées, les variations à quatre, six, huit mains ou plus si affinité ?
Se sentir aimant et se découvrir aimé.
Je suis impressionné par cette re-découverte toujours si surprenante : l’on émet ce que l’on ressent intérieurement ! Oui, je suis toujours candide face aux subtilités de la psychologie humaine… et de la mienne en particulier ! ;-))))
L’âge compte si peu. Il suffit qu’un jour l’on se sente si bien que cela se voit comme une impudeur projetée aux regards et aux sens des autres.
Et tout devient si simple.
Les barrières ne tombent pas… elles se volatilisent. Elles cessent d’exister. Les nouveaux repères s’inscrivent comme une évidence. Ils ont toujours été là.
Alors lui revient. Un autre s’interpose. L’ancien est toujours là… Et l’on ne choisit plus. Chaque relation raconte sa propre histoire… pleine… totale… entière… comblée et comblante de ses plus intimes richesses !
Guérir d’amour en aimant plus encore, sans exclusivité, sans retenue, mais sans excès… porté sur un seul. Remplacer simplement ce que l’un ne peut donner par ce que l’autre offre, ce que l’on ne peut offrir par une vraie disponibilité du moment.
Et tout se repeuple !
19:20 Publié dans Martin d'été | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture
14 mars 2006
Illusion et virtualité
J’avais promis de ne plus m’y laisser prendre…
J’avais décidé d’accueillir ce qu’il m’offrait et de ne rien attendre d’autre…
Je ne voulais rien… ni de lui, ni d’un autre !
Et pourtant…
Son silence est redoutable.
J’aurais tant voulu qu’il dise quelque chose.
J’aurais tant aimé qu’il ne dise pas ce que je préfèrerais pourtant entendre : qu’il inscrive le mot fin au bout de notre relation.
Le pire tient en un mot : rien.
Le silence, l’absence, le doute, la peur de s’être trompé, de s’être illusionné, la souffrance d’une trahison…
J’ai tant aimé sa peau. J’ai tant aimé son corps. J’ai tant aimé le voir. J’ai tant aimé l’entendre.
Et oui… comme une honte, comme une grossièreté, je ne voulais pas l’aimer. Pas de cet amour là ! Mais qui choisit ses sentiments ???
Depuis longtemps un garçon ne m’avait pas ému comme lui.
Que pourrais-je lui reprocher ?
Il n’a rien promis.
Il n’a rien dit de trop.
Il a juste disparu…
Envolé.
Sans un mot, sans un geste, sans un cri.
Et ce silence… Oh ce silence comme il me pèse.
La raison dicte de l’oublier… Grrr ! Qu’elle vienne, cette illusionniste, se confronter à la douleur sourde qui m’envahie chaque matin lorsque je sens cet espoir d’un signe de sa part… Qu’elle vienne me consoler lorsque je me couche sur la stérilité de mon attente.
Adieu raison je te hais ! Oui… non… je pourrais aller décrocher la lune s’il me le demandait… Mais la lune il s’en fout ! Et mes exploits l’importent peu.
Lui il pense à lui. Pour lui je fus, sans doute, un moment agréable… répété… mais après tout peut-être pas plus qu’un autre… Je n’en sais rien !!!!
Comment expliquer cela ?
D’autres me désirent, d’autres m’aiment, d’autres me déclarent de l’amour, de l’amitié… j’ai tout ce qu’il me faut…
Non je ne le dirais pas…
Et pourtant oui… le poète a raison… « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! »
Comme je ne veux pas entendre cela ! Et cela crie à mes oreilles !
19:45 Publié dans Martin d'été | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, humeur, martin, amour, divorce
13 janvier 2006
Ce qui nous motive...
Yann Moix a raison : Le monde est une gigantesque partouze ! Non, il n’a pas dit ça… tout au moins pas encore au stade où j’en suis de la lecture de son livre éponyme[1] (p.40). Simplement déjà j’acquiesce à son propos en totale fusion !
L’Histoire, la grande – celle que l’on écrit avec une majuscule… celle qui compose les livres « officiels » que l’on étudie à l’école – comme la petite – celle qui constitue la « matière » des sociologues, ethnologues, romanciers, psychologues, piliers de bar, moi et vous… - n’a de sens que si l’on regarde la place que le sexe y tient !
Et oui, Mohammed Atta pourrait très bien avoir jeté son Boeing sur le World Trade Center par dépit amoureux… immédiat ou plus ancien. Quand bien même il serait assez inconvenant de parler ainsi brutalement de sexe… - imaginez que j’écrive la même chose en parlant « d’amour »… et là tout un chacun de se pâmer « Ah oui, l’amour est au cœur de toute chose ! » - Oui sauf que la finalité de l’amour est tout de même le plaisir sexuel que l’on y prend ; qu’importe le fait que la jouissance soit dans les mots, l’échange, le regard, la voix, l’oreille, le contact physique, l’éructation, les vers, l’orgasme ou le temps passé à contempler à deux un coucher de soleil… La recherche d’une densité maximale de bien-être physique est LA motivation.
C’est si beau et bon à la fois !
Alors, forcément, lorsque l’on n’obtient pas immédiatement cette sensation, on peut mettre à jour une grande force, capable de tout pour obtenir son objet… ou à défaut détruire tout ce qui s’y oppose !
N’avez-vous jamais ressenti cette pulsion totale et absolue d’un monde restreint à la quête d’un regard, d’un son, d’un effleurement de l’être aimé ?
Il y a peu, alors que je délaissais ce blog pour des raisons de déplacement professionnel, j’ai songé un moment à détourner la Pétrolette[2] qui m’amenait de l’hôtel au bureau rien que pour obtenir l’attention un instant de ce « Martin d’été »[3] qui me hante inlassablement depuis peu. Rien que pour obtenir une réponse à mes courriers, à mes messages ; rien que pour obtenir qu’il pose un instant sa main sur mon bras ; rien que pour sentir sa peau contre la mienne ; rien que pour entendre sa voix au creux de mon oreille ou le gémissement de son plaisir ; rien que de penser une seconde que le plaisir qu’il me donne n’a d’égal que le plaisir qu’il ressent ; rien que… rien que… mais tout et tellement ! Pour cela, le World Trade Center est totalement insuffisant !
J’aime la recension par Yann Moix de quelques courriers de personnalités qui montre la place qu’occupe le dépit amoureux dans leur vie. Imaginez le choc de lire sous la plume de Napoléon « … un tendre amant doit-il perdre ses droits parce qu’il est loin, chargé de besogne, de fatigue et de peine ? Sans sa Joséphine[4], sans l’assurance de son amour, que lui reste-t-il sur la terre ? Que ferait-il ?... » Songeons que le même personnage se trouvait à ce moment là à la tête de la Campagne d’Italie et que des dizaines de milliers d’hommes souffraient et mourraient sous ses ordres !
Oui mais voilà… la pudeur, la peur, l’insensibilité, le dédain ou mille autres raisons peuvent motiver en face l’absence de réponse ou une réponse subliminale, virtuelle, sans commune mesure avec l’attente initiale. Ainsi me suis-je entendu dire par l’objet de mes pensées qu’il me donnait « signe de vie » régulièrement lorsque nous nous croisions sur MSN… fut-ce par un minuscule émoticone glissé dans une fenêtre furtive ! Bien sûr cette réponse représente sans doute beaucoup pour lui… là où moi je ressens le besoin d’assembler, comme je peux, des centaines de mots afin d’exprimer mes pensées, mes sensations, ma quête… Et où je me rends compte que mon moral atteint des sommets parce que j’ai entendu – un millième de seconde - dans sa respiration qu’il souriait en réponse à une phrase sans importance au téléphone ! Que faire contre cela ?
Que faire contre cela ? Se détruire, tout donner, s’abandonner n’aboutirait qu’à faire fuir l’objet de son désir. Alors on sublime, on extrapole et on construit des cathédrales à la gloire de l’univers. Ce qui donne, modestement, dans la vie d’un homme simple, une énergie nouvelle investit dans son travail, une envie de réalisation, une raison de se lever le matin, une inspiration pour écrire, le goût de manger, de boire, de goûter avec finesse et sensualité quelques mets rares… et pour d’autres l’appât du pouvoir, de l’argent, de la gloire ou pour quelques-uns la recherche d’une souffrance expiatoire, d’une vexation totale, d’une humiliation absolue, d’un masochisme sous toutes ses formes, à l’exclusion de la seule, de l’unique soumission : s’offrir à l’être aimé !
[4] Amusons-nous un instant d’une étonnante proximité dans cet écrit : cette fameuse Joséphine est née le 23 juin 1763 à Trois-Ilets en Martinique !
10:50 Publié dans Martin d'été | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, moix, yann, mohammedatta, partouz
10 décembre 2005
Encore au delà...
Je délaisse ce blog... comme s'il était moins urgent de témoigner, pour ne pas gâcher le peu de temps libre que le travail me laisse. Pour ne pas décentrer mon attention de l’objet de son plaisir !
Oui, la rencontre dont je parlais précédemment confirme mes premières impressions. Elle m’offre ce joyau que crée la transparence du désir, incarné dans le reflet de la pensée sur la matière de l’esprit offert au regard de l’échange.
Aimer
Trouver sa chaleur sous la peau
Percevoir la force de ses os et la souplesse de ses muscles
Redessiner ses formes d’une pression des mains
S’abîmer de le voir
Fermer les yeux, le reconstruire en pensée
Mémoriser sa silhouette de la pointe des doigts
Saliver de plaisir et en enduire son corps
Goûter son âcre et douce transpiration
Sentir son abandon
Lui offrir toutes les tensions, les douceurs et les envies
D’un autre qui s’offre à soi…
Quelle plus belle émotion peut-on rencontrer dans la vie ?
Imaginez alors qu’à ces moments d’extase, s’en ajoutent d’autres, identiques en densité et en jouissance…
Confronter nos pensées librement exprimées sans tabou ni jugement
Accepter ses convictions comme la belle image de ses imperfections
Lui confier ses fêlures ses doutes et ses limites
Partager à nouveau une opinion commune
Retenir ses arguments les laisser s’imprégner
Regarder la matière en comprendre le squelette
Peu à peu ajouter les idées découvrir son système
L’accueillir comme une œuvre harmonique à la sienne
Et que l’ensemble crée un espace d’échange unique et dense.
Vous avez la recette d’une belle rencontre !
Je revis cette impression troublante d’arriver quelque part, dans un endroit dans lequel je ne suis jamais allé et que je reconnais à la première seconde. Je sens au fond de moi comme une gêne, quelque chose qui dément mes convictions rationnelles, ma pensée cohérente. Il est absolument impossible que je connaisse ce lieu. Jamais mes pas n’ont foulé cette terre. Je ne m’en suis jamais approché à moins de 10.000 kilomètres… Jamais, jamais, jamais !!!
Et pourtant je connais ce lieu. Mon cerveau ne crée aucune image nouvelle à partir de mes yeux. Il se contente de reproduire une vieille observation présente dans ma mémoire depuis longtemps. Mes pieds se posent avec l’assurance de celui qui a repéré chaque centimètre d’un parcours pour s’y mouvoir s’en crainte.
Et pourtant… tout est nouveau ! Tout m’offre la joie d’une découverte, la beauté de la mise en couleur d’un espace terne et gris, l’épanouissement d’une communication véritable dans ses milliards de dons réciproques. Chaque attention de lui est une délicieuse sucrerie que je savoure longuement. Pas la moindre de mes attentes n’est insatisfaite. Un potlatch sans règle pré écrite, sans valeur pré codée, un geste répond à un sourire, le contact d’une main à une idée, une opinion à une jouissance, un mets à la vibration d’un cheveu.
Je me réveille, un martin d’été, la campagne est devant moi. Il fait chaud. La lumière est forte et belle. Chaque couleur est plus vive. Chaque objet trouve une nouvelle place et crée un paysage reposant et serein. J’ai oublié l’hiver, le froid, le gris. Je suis définitivement aux plus beaux jours de l’année.
Mais je pars triste de le quitter plus de trois semaines…
20:45 Publié dans Martin d'été | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, martin, aimer, perdre, silence
27 novembre 2005
Au delà des représentations
Depuis que l'écriture a offert aux poètes le cadeau magnifique de l'éternité, nombreux sont les témoignages sur l'interrogation que ne cesse de poser l'alchimie de la rencontre entre deux êtres.
Chacun se confronte inlassablement à cette question de la place et du sens de l'autre dans sa vie. Il n'est pas de réponses qui valent pour tous, il n'est pas de catégories qui ne soient un jour ou l'autre remises en question.
La difficulté tient souvent dans la volonté inconsciente que l'on met à vouloir faire entrer une rencontre dans un concept qui se voudrait simple - et par là même, rend la chose compliquée, parfois impossible, souvent contrariée. Est-ce de l'amour, de l'amitié, un simple échange, une pulsion charnelle, de la sociabilité, de la bienséance, du copinage, de la fraternité, du lien familial, de l’intérêt commun ou unilatéral, etc. ?
L’envie de comprendre, conjuguée à la nécessité d’adopter le bon comportement pour faire durer, pour répondre à l’attente de l’autre, pour s’y retrouver soi-même, nous pousse à tuer dans l’œuf des relations qui pourraient connaître de riches lendemains. Souvent nous entrons trop vite dans une classification qu’il est très dur d’abandonner en route ou de faire évoluer vers une autre dimension. Et nous nous retrouvons alors face à l’échec d’un échange qui ne sait plus quel code respecter, quelle attitude utiliser ! Pris au piège du premier mot, premier geste, premier regard, nous nous heurtons à l’évolution indispensable mais rendue impossible parce que l’on croit celle-ci définitivement inscrite dans un seul champ de pertinence.
Pourtant il arrive que de belles rencontres illuminent notre vie et nous sortent de cette impasse. Nous ne nous soucions pas de les qualifier, elles s’offrent simplement à nous comme ça. Deux êtres se parlent, se livrent, s’offrent l’un à l’autre, dans la beauté de l’instant, sur un registre sans frontière, sans chemin balisé. Et là, surprise, tout semble plus facile et plus riche. On peut alors voir défiler les genres et s’en amuser. La souplesse que donne ce risque de l’ouverture absolue nous fascine. Nous vivons un moment qui ne ressemble à aucun autre et qui se répète autrement le jour suivant. Nous luttons – bien sûr – contre nous-même et notre désir de donner un nom à l’émotion qui nous étreint. Nous voudrions, par exemple, y voir de l’amour, mais redoutons ce que cela signifie d’engagements, d’attentes, d’espoirs…
Bien évidemment, si j’écris cela aujourd’hui c’est parce que j’ai croisé il y a peu un tel être. Je me suis interrogé sur l’état de mon ressenti et je commençais à chercher le pourquoi de l’augmentation de mon rythme cardiaque lorsque je le vois s’avancer vers moi, la couleur qui convient à l’attente de ses nouvelles, la raison de mon bien-être lorsque je le quitte et qu’il occupe encore tout l’espace de mes pensées…
Notre relation a commencé sur un registre qui n’était pas aisé à qualifier tant elle prenait de-ci de-là à la curiosité, à la sexualité, à l’aventure, à la sensualité, à la spiritualité, à la confrontation intellectuelle… Dès lors, j’ai intuitivement opté pour l’absence de sens, pour le simple plaisir de l’échange, pour le « vivre » et non le « comprendre ». Et là surprise, tout devient possible et agréable. Les marges n’ont plus de valeur. Les mots s’offrent une totale liberté. Chacun peut offrir à l’autre l’impudeur de sa pensée brute, la clarté de son désir du moment. Tout devient effectivement simple et doux. La confiance remplace l’angoisse.
Et je ne trouve qu’une seule explication à cet état de fait : nous n’avons ni l’un ni l’autre qualifié notre rencontre, nous n’avons installé celle-ci à l’intérieur d’aucune frontière. Alors nous pouvons nous déplacer sur tous les chemins, constater sans regret que parfois nous ne nous suivons pas et avec joie que nous nous retrouvons sur des territoires que l’on ne pensait pas communs. La suprême liberté de l’échange sans a priori. Être offert au regard de l’autre sans crainte et porter le sien sans jugement. Se dire qu’il y a déjà un passé et un présent, que quoi qu’il arrive le futur sera riche de ceux-là !
17:45 Publié dans Martin d'été | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, amour, emotion, rencontre, martin, valeur

