10 février 2008
PREF mag
Je ne me souviens pas vous avoir jamais parlé de PREF mag. Lorsque j’ai découvert ce magazine à la parution de son premier numéro, il s’appelait « Préférences mag » avec accents et « s » final. Sa « base line » - comme on dit en marketing, sa signature en quelque sorte - n’était pas encore « Le magazine de nos préférences », mais plus maladroitement « le magazine des nouveaux genres ».
Le changement de titre apparu avec le numéro double de mars-avril 2005, contracte « Préférences » en « Préf ». Il y a encore un accent qui traîne ! Celui-ci disparaît dans le titre du n° 13 de mars-avril 2006. Par bonheur la base line actuelle a été officielle dès juin 2005.
Dès sa première parution ce magazine m’a plu pour de nombreuses qualités que l’on ne retrouve chez aucun autre magazine concurrent. Je les cite en vrac :
- une qualité iconographique exceptionnelle. Pas la peine de se cacher derrière son petit doigt… ou ce qui peut faire office de… Comment mieux identifier un magazine de genre, un magazine destiné aux Gays, que par sa couverture et ses photos intérieures ? Oui, seulement avec PREF mag, le choix des illustrations sort toujours de l’ordinaire. Si l’érotisme est présent, il interpelle le cerveau et suscite des émotions en décalage avec la vulgarité et la banalité. Dire qu’il sort des sentiers battus est trop faible ! Les mises en scène et la qualité de l’image sont du jamais vu dans la période contemporaine. Elles évoquent plus souvent un degré de recherche et une sélection que l’on va plus facilement trouver dans des magazines de mode très sélectifs et haut de gamme. Pour les plus vieux d’entre nous, elles nous rappellent ce que l’on a ressenti face à la maquette d’un ancien et éphémère « Samouraï » que j’achetais en cachette lorsque j’étais étudiant.
- un ton résolument intelligent. Qu’il s’agisse des articles de fond, des reportages, des informations ou même des nouvelles parfois publiées, le niveau d’écriture est très souvent d’une qualité plus proche d’une littérature de bonne facture que d’un magazine people grand public. Mais pas d’amalgame ! Il n’est ni difficile à lire, ni « intello » au mauvais sens du terme. Simplement il s’agit de papiers traités au fond, avec une approche ouverte qui tente à chaque fois de traiter une question dans ses ressorts les plus variés. Le ton souvent léger est de bon goût, c'est-à-dire qu’il ne tombe ni dans le pathos, ni dans la dérision. C’est une tonalité qui s’apparente souvent à une discussion intelligente entre personnes concernées par une problématique de la vie quotidienne.
- une vision communautaire ouverte. Si le public visé est clairement identifié : les garçons et les hommes homosexuels. Il ne confond pas le monde homosexuel masculin avec le monde spécifiquement masculin et parisien du Marais. Et oui, on peut être homosexuel et ne pas forcément comprendre et vivre exclusivement dans LE quartier gay parisien. Si je ne condamne évidemment pas celui-ci, il peut être parfois déconcertant de se sentir loin des références et du ton d’un grand magazine concurrent qui semble n’être écrit que par ou pour les habitués des dernières boites à la mode.
- un lectorat spécifiquement masculin. Il est parfois complexe de revendiquer la particularité des gays. Une forme de généralisation – ou de regroupement des minorités pour être plus fort – fait qu’il peut être difficile de traiter exclusivement des questions, des plaisirs, des difficultés, des goûts, des problèmes, des joies, etc. des garçons et des hommes gays sans les mélanger avec ceux des lesbiennes, trans et autres minorités sexuelles victimes d’autant d’interrogations ou d’ostracisme[1]. « Qui trop embrasse mal étreint » dit le proverbe ! Oui je peux ressentir comme une gène à devoir prendre en compte les particularités de toutes les minorités sexuelles dès lors que je souhaite aborder celles des gays. Je ne me retrouve pas en particulier dans les magazines qui se sentent obligés de s’intéresser à tous et de viser les publics les plus variés, à partir de l’angle de la minorité sexuelle. S’il est incontestable que certains aspects se croisent et gagnent dès lors à combattre en commun pour être plus puissants, plus efficaces ; la systématisation d’une telle approche finit par noyer les caractéristiques propres à chaque minorité. Le monde lesbien ne m’en voudra pas si je lui dis que mes goûts, mes envies, ma personnalité sont – par nature – totalement différents des siens. J’ai coutume d’utiliser la boutade suivante : au fond avec mes amies hétérosexuelles nous avons en commun d’aimer les hommes… ce qui n’est évidemment pas le cas de mes amies homosexuelles !
J’ai relu ces jours-ci le n°23 bimestriel de novembre décembre 2007. J’ai l’habitude d’acheter ainsi des magazines et de les lire au gré du vent au hasard de mon temps disponible. C’est l’exemple même des articles de fond franchement décapants qui interpellent. Lisez et relisez tout le dossier sur la rupture et les problèmes liés à l’outing. Tout y est dit et l’on se retrouve quel que soit son age ou son milieu. On y trouve des pistes de compréhension et d’éclairage sur sa propre situation. On y comprend mieux pourquoi les choses ne sont pas si faciles que l’on voudrait nous le faire croire à l’heure du Pacs…
Que celui qui n’a pas lu ces pages cesse à jamais de dire que l’homosexualité n’est plus un problème en France ! Que celui qui n’a pas été touché par la situation d’un ado ou d’un jeune adulte chassé de la maison familiale, parce qu’il a annoncé qu’il est homosexuel, cesse de citer la présence d’un gay à la tête de grandes villes comme Paris, Berlin ou peut-être bientôt Londres pour démontrer que tout va bien dans le meilleur des mondes !
Je ne gagne rien à vous donner le conseil suivant : lisez PREF mag ! Homo ou hétéro peut importe ! Vous comprendrez mieux pourquoi la solution espagnole qui refuse de faire une distinction entre les droits des uns et des autres est LA bonne démarche. Et puis, vous verrez… en plus il n’est pas déplaisant d’y tourner les pages et de tomber sur de jolies images !!
[1] bannissement, racisme… homophobie plus précisément ici !
13:50 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : magazine, gay, homosexualité, lecture, actualité
24 octobre 2007
Procrastination (suite)
voilà une illustration sublime de ce dont je parlais dans le billet précédent !
http://www.youtube.com/watch?v=4P785j15Tzk cliquez ici !! enfin si vous ne remettez pas à plus tard ;-)
23:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : procrastination, ecriture, humeur, psycho
Pourquoi ne pas remettre au lendemain…
J’adore cette histoire de l’écolier qui attend l’heure où sonne la cloche du début des cours pour se précipiter chez le fleuriste du coin de la rue. Il achète son petit bouquet et se dirige d’un pas tranquille vers la classe où il sera en retard. Son sourire contient tout le plaisir qu’il anticipe à remettre ces quelques fleurs à sa maîtresse en prenant l’air le plus désolé possible. Il sait qu’elle va balancer quelques instants entre des sentiments contradictoires. Elle sera furieuse qu’il soit – encore – en retard. Elle sera touchée parce qu’il aura – encore – une bonne excuse. Elle tentera de ne pas se laisser attendrir par cet air contrit mais sera bien obligé d’accepter les fleurs… Il serait incompréhensible qu’elle ne les prenne pas ! Et voilà comment être sûr qu’aucun n’autre élève ne marquera son empreinte de manière aussi originale. Tous ceux qui tenteraient de l’imiter ne seraient que de pâles copies devant tant de savoir faire.
Oui parce que procrastiner est un art ! Il s’apprend très jeune et nécessite des heures d’entraînement. Il ne faut pas croire qu’il est aisé d’affronter les conséquences de son retard. Au début on teste surtout sa capacité à faire les choses dans le stress et l’angoisse de la dernière minute. La satisfaction que l’on en retire est sans proportion avec celle de remettre son travail en temps et heure. Dans ce dernier cas il y a juste le plaisir d’être arrivé au bout d’une tâche. Dans la situation précédente, il y a non seulement ce même plaisir, mais en plus la jouissance d’être parvenu à surmonter une situation qui paraissait impossible.
C’est un peu la différence qu’il y a entre traverser dans les passages piétons en regardant d’abord des deux côtés, pour vérifier que la voie est dégagée… et forcer le passage dans une circulation dense, là où les automobilistes vont être obligés de freiner pour éviter de renverser « l’inconscient ».
L’impression de surmonter l’impossible, d’imposer à l’autre son propre rythme, de dépasser le risque banal pour atteindre un risque suprême, voilà quelques sensations que seule la procrastination peut offrir.
Mais elle fait aussi beaucoup souffrir.
D’abord il y a toutes ces heures perdues à occuper le temps pour ne pas être disponible pour la tâche à réaliser.
Là plusieurs options sont possibles.
La plus facile est la suractivité : remplir l’agenda de tâches subalternes simples. Les activités ménagères du quotidien en offrent un catalogue fantastique. Cela ne demande aucun effort, libère le cerveau et est très chronophage… Surtout si on s’y attelle avec suffisamment de perfectionnisme !
La plus élaborée peut vous entraîner vers quelques dérives. On s’appuie alors sur tout ce qui vous fait oublier le temps et les contraintes. Certains usent de drogues illégales ou de drogues légales, comme l’alcool. D’autres s’accrochent à des activités compulsives et répétitives, comme les jeux informatiques ou des activités sportives très intenses. Quelques autres occupent plutôt leur temps dans des plaisirs sexuels sans effort et sans lendemain.
Dans tous les cas, la sensation de satisfaction immédiate est intense ; sans quoi l’activité choisie n’est pas utile.
Mais le réveil est toujours douloureux.
Parce qu’il y a toujours le moment où la tâche principale, remise à plus tard, revient sur le devant de la scène. Et le temps commence à manquer et/ou les conséquences commencent à devenir très périlleuses. Le stress monte.
Alors vient une souffrance supplémentaire : la culpabilité d’avoir - encore - sombré dans ce que l’on ressent comme de la légèreté ou quoi que ce soit d’insupportable et de négatif.
L’angoisse suit de près : « Je n’y suis pas encore arrivé, je n’y arriverai pas ».
Avec le temps on devient très clairvoyant sur le jeu que l’on mène.
Si au début on peut être un procrastinateur inconscient, il est rare qu’on le reste longtemps. Les conséquences les plus fâcheuses, ou les plus douloureuses, permettent d’en prendre conscience. Il est, en effet, inévitable de se retrouver à flirter avec le danger… de perdre son travail, de perdre son conjoint, de perdre ses amis, de perdre de l’argent, de perdre des avantages de quelle que nature qu’ils soient. Alors on prend peur, vraiment. On se jure, devant sa conscience la plus vive, que jamais, au grand jamais on ne nous y reprendra… jusqu’à la fois suivante !
A force on devient un véritable expert de sa névrose et l’on finit même par être capable d’utiliser tout son temps à analyser le temps que l’on passe à ne pas faire ce que l’on devrait faire… On invente l’arme absolue : l’analyse de la procrastination en action ! Plus l’analyse avance, plus l’objet de l’analyse prend de l’importance… puisque l’analyse est devenue le moyen de faire vivre l’objet. Elle sert à utiliser le temps à ne pas faire ce qui devrait l’être !!
19:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, psychologie, procrastination, souffrance, risque
07 octobre 2007
Un détail lourd de sens
Ce serait faire injure à M. Fillon que de penser qu’un homme politique, aussi expérimenté que lui, utilise sans le vouloir un vocabulaire connoté. Je n’ose même pas l’imaginer.
Pourquoi tant de bruit pour un détail ?
Parce que le propre du vocabulaire politique est de faire appel à des images, des représentations pour toucher au-delà des mots l’opinion publique.
Pour cela, on en appelle à une terminologie dont on sait, par avance, qu’elle va porter le message longtemps après la prononciation de la phrase. On aura oublié quand et comment cette idée a été prononcée pour n’en garder que le sens.
Et justement le détail n’en est pas un.
Il y a eu trop de bruit autour du mot « détail », lorsque M. Le Pen s’en est emparé, pour que celui-ci puisse désormais être considéré comme un terme sans histoire.
Inévitablement se servir de ce mot, dans l’absolu d’un message politique, convoque dans l’imaginaire la banalisation des chambres à gaz.
Lorsque ce terme est utilisé par le 1er ministre d’un chef d’Etat qui s’est vanté ouvertement de draguer les électeurs du Front national, l’association est encore plus inévitable.
Enfin lorsque F. Fillon use du « détail » pour qualifier une mesure condamnée par beaucoup pour ses relents eugénistes, il ne peut y avoir place à l’erreur ou à la gaffe.
Sélectionner des hommes, des femmes et des enfants, sur un critère aussi arbitraire que le lien génétique qui les unit, revient, en effet, à rechercher un critère subis de différenciation entre les êtres humains. Cela revient à condamner l’idée même de volonté de se rassembler autour d’autres critères plus évolutifs, plus volontaires.
Les liens que les hommes choisissent pour se réunir peuvent être : l’affection, l’amitié, les idées, les croyances, la culture, l’organisation d’une société, etc. On touche encore une fois la question des fondements du « contrat social ».
L’idée sous-jacente véhiculée par le test ADN est que l’on opte pour un critère purement sanguin.
On n’est pas très loin de la notion de race qu’utilisaient justement les inspirateurs des chambres à gaz.
Il y avait pour eux une race génétiquement supérieure, les Aryens, qui devait être purifiée des scories qui s’étaient accumulées au fil des siècles. Et on les brûla. L’horreur absolue. La purification ethnique.
Tous ces faits historiques arrivent en masse dès que l’on qualifie de « détail » une mesure de sélection.
Alors M. Fillon n’aurait pas conscience de cela ?
Soit nous avons affaire à une communication dangereuse pour la sérénité du débat public, soit nous avons affaire à un homme qui laisse son inconscient s’exprimer à sa place…
Soit l’on veut instiller des idées nauséabondes dans l’esprit public soit on n’a même plus conscience qu’elles le sont…
Quel est le plus grave ?
18:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarko, fillon, detail, politique, débat, communication
07 mai 2007
A suivre...
Ok il a gagné ! Je n'ai pas voté pour lui, mais la règle fondamentale du débat démocratique consiste à reconnaitre la victoire de l'un et la défaite de l'autre.
Quand environ 53 % des français font un choix au cours d'une élection libre toute réaction impulsive de violence, de peur ou d'excès n'a pas grand sens.
Plusieurs étapes sont maintenant à suivre avec attention :
- La première sera la nomination du gouvernement. Elle donnera une idée intéressante sur les orientations et les styles qui manageront les orientations de la politique française par secteur.
- La deuxième sera la campagne et les résultats des élections législatives. Il ne faut jamais oublier que le système politique français nécessite pour fonctionner une majorité au Parlement. Le quinquennat a été conçu pour éviter la cohabitation... mais rien ne l'empêche formellement si ce n'est la cohérence des électeurs plus traditionnellement tentés de donner au nouvel élu les moyens de gouverner.
- La troisième sera la mise en oeuvre des premières décisions et les réactions qu'elles susciteront parmi les publics concernés, la population française en générale et les partenaires européens.
Je n'oublie pas les réactions des français lors de la dernière grande véritable alternance en 1981. Il faut avoir vécu ce moment historique pour remettre les évènements actuels à leur juste place. A l'époque deux Frances s'affrontaient. Souvenons nous de Quilès déclarant "il ne faut pas dire que des têtes vont tomber... mais lesquelles" ou d'aucun affirmant que l'on passait alors de l'ombre à la lumière... L'esprit révolutionnaire n'était pas loin ! L'histoire retiendra que si de grands changements ont eu lieu, se fut surtout l'apprentissage de l'alternance et de la continuité démocratique pour un grand pays républicain.
A suivre donc cette nouvelle page de l'histoire contemporaine avec sérénité et vigilance.
12:15 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06 mai 2007
Un vote... sans entrain
Et bien voilà... j'ai voté !
Bayrou au premier tour... évidemment un peu déçu de ne pas le retrouver au second.
Alors il fallait faire un choix entre les deux finalistes. Honnêtement je n'ai pas beaucoup réfléchi sur ce que je ne voulais pas. Sarko franchement non ! Depuis longtemps sa personnalité et son discours me sont totalement insupportables.
Il ne reste donc plus que Royal. J'ai déposé en milieu de matinée le bulletin de la "France Présidente" dans l'urne.
Un peu par dépit. Sans trop d'espoir ni de conviction.
Tous les signes laissent à croire que les jeux sont faits. Mais j'aime aussi encore rêver quelques heures qu'en démocratie rien n'est jamais tout à fait prédéfini, que des surprises peuvent être au rendez-vous.
A bientôt pour connaitre la fin de ce suspense.
13:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, politique, sarko
12 avril 2007
Pourquoi Bayrou ?
Parce que la décision finale d’un choix politique repose – pour moi – sur deux critères indissociables : la personnalité et les idées.
En partant de l’individu, en cherchant à comprendre comment se forgent ses idées, ce qu’il est, comment il fonctionne, quelle est sa capacité à se remettre en question, s’il a ou non une propension à l’écoute, etc., je peux plus facilement adhérer ou réfuter ses positions de fond.
L’idéal – bien entendu – est de rencontrer quelqu’un vers lequel l’adhésion se fait spontanément, à la fois pour l’homme et pour le programme. C’est ainsi qu’en d’autres temps j’ai voté pour une liste conduite par Cohn-Bendit ou par Delanoë selon l’échéance européenne ou municipale.
Il y eut également les accidents de parcours qui obligent à rationaliser la décision pour limiter les risques de se retrouver à choisir par défaut un homme dont on sait que son fonctionnement ne plaira pas (Chirac) mais qu’il est un « moindre » ( !) mal que son concurrent (Le Pen).
Alors Bayrou… oui !
D’abord j’ai été interpellé – à mon grand étonnement en l’écoutant dans diverses émissions politiques - par ses idées qui m’ont plu, singulièrement autant que son attitude, son refus de « jouer le jeu » de la médiocrité et du débat pré-écrit par certains journalistes ou posé par un panel de « vrais gens » choisi comme un patchwork marketing faussement spontané.
Cela m’a donné envie d’aller plus loin. J’ai lu son livre « Projet d’espoir ». Rien ne m’a gêné, ni le ton, ni le fond, ni ce qu’il traduit de l’homme. Je me suis retrouvé dans de nombreuses analyses. J’ai souri avec complicité à certains passages. J’ai observé avec amusement la maîtrise du texte et des postures à d’autres endroits.
Deux mots se sont imposés après avoir refermé l’ouvrage : sérénité et apaisement !
Oui cet homme a évolué. Il en témoigne à visage découvert. Il explique ses rencontres, les opinions qui se sont mélangées aux siennes, les réponses qu’il est allé chercher. Il argumente avec force les raisons de ses prises de positions nouvelles.
Si j’observe mon chemin personnel, je ne peux pas reprocher à quiconque d’évoluer dans ses idées et son comportement. Je n’aimerais pas que l’on retienne de moi uniquement ce que je fus il y a 10, 20 ou 30 ans. Ni que l’on me refuse le droit de défendre aujourd’hui des positions que je considère plus adaptées au moment, à ce que je suis devenu et à l’environnement mouvant. Sauf à remettre en cause les valeurs fondamentales, intangibles qui fondent ma relation au monde dans le respect de chacun.
Voilà ce qui a fait écho en moi chez cet homme ; ce qui m’a convaincu qu’il a la force, l’autorité, les convictions et l’ouverture d’esprit qui lui permettent d’offrir à la République française le nouveau regard dont nous avons tous besoin.
Pour le reste… écoutez-le attentivement et/ou lisez-le !
Pour moi quoi qu’il en soit ce sera François Bayrou le 22 avril !
12:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, politique, campagne, projet
21 octobre 2006
Un vrai discours nationaliste !
Les arguments mis en avant par les nationalistes de tous poils sont pour le moins déconcertants ! Si je suis attentivement une large partie de leur argumentaire, je ne peux m’empêcher d’adhérer aux propos… mais jamais aux conclusions qu’ils en tirent !! Mais alors pourquoi ?? Où est l’erreur ?? Quel mécanisme de pensée peut faire qu’en mettant les mêmes éléments bout à bout dans le même ordre… la synthèse soit si diamétralement opposée ??
Pourtant le discours tient parfaitement la route :
Oui à la définition restrictive du critère d’appartenance nationale !
Oui, ne doit être considéré comme français que celui qui est né dans une maternité française ;
qui a contemplé, en ouvrant la première fois les yeux, les paysages français qui nous sont familiers ;
celui qui a échangé ses premiers mots dans des crèches où s’éveillent tous les enfants français, entouré des soins et de l’attention d’adultes ayant été formés selon nos critères de référence ;
qu’il soit allé dans une école reconnue, suivre les cours définis officiellement par les directives gouvernementales et énoncés – inévitablement – dans notre grande et belle langue ;
qu’il ait pu réaliser son apprentissage de la vie professionnelle dans les centres de formation, les universités ou auprès de professionnels travaillant en accord avec la législation et les contrôles légaux ;
bref qu’il ait reçu tout ce qui constitue une culture nationale, c'est-à-dire celle que partage tous ceux qui constitue la même communauté de vie sur un territoire défini.
A partir de là, certains mots n’ont plus vraiment de sens… Celui qui a suivi ce parcours n’a pas à « s’intégrer » dans la communauté nationale… il en fait parti ! Quand bien même d’autres ont des difficultés à « intégrer » cet élément de fait, parfaitement objectif.
Soyons fier de notre culture nationale !
Au point d’avoir envie de la défendre et d’en faire partager les valeurs essentielles à tous ceux que nous arriveront à convaincre !
Pour cela, de tous temps, des représentants de notre communauté nationale ont pris les chemins vers de nouveaux mondes pour aller témoigner du contrat social qui cimente les relations des habitants de notre pays.
Parfois ils en sont revenus avec des idées et des valeurs qui nous ont plu, alors on les a « intégré » dans notre fond commun. Puis on a oublié qu’elles venaient d’ailleurs tant nous les partageons que nous sommes convaincus que nous seuls aurions les concevoir !
Parfois on a invité des interlocuteurs à venir voir chez nous comment les choses se passaient bien. Pour qu’ils puissent bien s’en rendre compte, nous avons ouvert nos maisons pour qu’ils puissent s’y installer et partager notre vie. Et certains ont finis par être convaincu que notre vie était agréable, que nous avions raison de la vanter. Alors nous nous sommes rendus compte qu’ils étaient devenus nous… et nous avons oublié que la plupart d’entre nous venait d’un quelque part qui n’avait pas toujours été cette motte de terre sur laquelle nos pieds reposaient.
Parfois certains d’entre nous sont partis vivre ailleurs. Et ils ont adoptés les mœurs et les coutumes d’autres lieux. Nous les connaissions bien et nos contacts sont restés si forts que l’on se demande qu’elle est vraiment notre différence… à part que nos pieds ne foulent pas la même terre au même moment.
Et puis oui, il est intéressant de s’en remettre à l’histoire pour comprendre comment notre communauté s’est construite et d’où elle vient. Mais pourquoi s’arrêter arbitrairement à telle ou telle date ? Remontons dans le temps inlassablement !
Bien sur il est très vite évident que les frontières ont souvent changé, que les habitants d’ici ne sont plus vraiment les habitants de là, que la notion même de nation ou de communauté nationale a fréquemment variée ! Peu importe de toute façon il s’agit d’un mouvement universel et permanent. Ce qui compte c’est ce que nous partageons justement désormais avec ici et là. Ce qui compte c’est de vivre en conscience l’appartenance à ce fil qui nous relie chacun à notre passé… et de voir amusé combien la pelote à laquelle nous sommes rattachées aujourd’hui ressemble peu à une sphère lisse… Elle s’apparente plus à méli-mélo de fils arrivés de partout, rejoints de manière anachronique par un hasard indéchiffrable. C’est un pur sac de nœuds duquel il serait vain de vouloir reconstruire une seule et unique liane lisse, rectiligne et incassable.
Que conclure ?
18:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, sarko, politique, nationalisme
14 juillet 2006
La mort effleurée
La révélation renouvelée du risque de la mort emporte toutes les certitudes. Plus que le deuil elle porte témoignage que la vie est fragile. Elle oblige la contemplation de la survie, cette lutte inégale entre l’éphémère et le définitif. Rien n’est plus comme avant… mais tout perdure ! Seul le regard change d’optique.
Le corps est si fragile dans sa résistance affirmée. Qu’un seul instant il accuse une faiblesse et l’on se surprend à entrevoir ce que pourrait être sa fin. Celle-ci n’est qu’effleurée ; elle en sort grandie, puissante. La lumière devient un éclairage sordide. Elle donne à voir la relativité des combats, l’inexact intérêt de la lutte humaine face à sa finitude.
La mort est un changement que l’on s’empresse d’intégrer pour continuer à vivre. La survie est un bouleversement qui s’installe dans une continuité qui prend toute la place. L’avertissement tire sa suprématie du possible changement quand la sanction n’offre aucune possibilité de modifier quoi que ce soit. Pour l’une il est trop tard. Pour l’autre tout est encore possible.
14:17 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04 février 2006
Soleil !
Fait vraiment trop froid à Paris !
Je repars travailler aux Antilles... alors je vous abandonne quelques jours.
Jetez un oeil sur l'album des photos de mon dernier déplacement là-bas en janvier... vous comprendrez combien il est doux d'y retourner... malgré le stress du travail !!
En fait, on vit les mêmes choses qu'ici, le travail, les préoccupations, la tension, la course après le temps, les contraintes de transport, d'organisation... mais au moins, il fait beau et chaud !
19:50 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour
29 janvier 2006
Garfieldd
Pas grand chose à ajouter...
...sinon cette angoisse qui s'insinue en moi, dès que je vois nos libertés perdrent une millimètre d'espace pour s'épanouir !
Oui, j'ai vu dans la presse, comme tous les lecteurs, cette histoire aberrante d'une "noble" institution qui se pare de l'habit de la morale et de "l'atteinte à l'image de la fonction publique" pour pratiquer une odieuse censure.
Un proviseur tient un blog. Plutôt sympathique a priori, n'est-ce pas ? Un responsable d'établissement scolaire qui vit à son époque et qui n'est, ni plus, ni moins branché que tous les anonymes (des millions dans le monde entier) ou toutes les stars ou hommes politiques qui s'efforcent de suivre le mouvement en le récupérant pour leur notoriété.
Un proviseur homosexuel et qui le dit. Oui... et alors ? Ignore-t-on les préférences sexuelles de tous les proviseurs qui ne font aucun mystère de leur hétérosexualité et même du fait qu'ils sont si pratiquants qu'ils en ont gagné des enfants ?
Pornographie ? Je suis allé vérifier ce que l'on voyait sur ce blog... Faites-vous votre opinion : web.archive.org et google offrent cette belle preuve de l'utilité d'internet, outil encore parfois démocratique ! Si vous n'y parvenez pas suivez les conseils de Stéphane internaute bloggeur sympathique. Et vous parviendrez sans doute à la même conclusion que moi : CENSURE ! En effet, rien de choquant dans ces propos d'un homme de son temps qui ne porte atteinte à aucune image, ni à la sienne, ni à celle de son institution d'appartenance.
Pour élargir votre opinion allez voir également tous ceux qui relaient cette information.
Et si votre empathie vous poussent jusque là : signer la pétition !
23:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour
Infantilisation
Connaissez-vous un avocat ?
Attention ! Un vrai de vrai, un procédurier, un acharné de la méthode américaine, un teigneux, un obsédé des droits de la défense… vous savez comme à la télé : celui qui donne sa carte de visite au pauvre type qui vient de se faire renverser dans la rue… avant, bien sûr de décrocher son super-téléphone-mobile-mail-fax-photo-vidéo-agenda pour appeler les secours ! (L’hypothèse la plus vraisemblable étant qu’il ne s’intéressera à l’ambulance que si celle-ci arrive en retard ou si les ambulanciers commettent une monstrueuse erreur de diagnostic et ne pratiquent pas immédiatement les soins incontournables pour la survie du sujet !)
Je dois impérativement entamer une procédure contre :
· La Française des jeux et les sociétés de casino qui – en m’offrant la possibilité de jouer mon argent durement gagné à la sueur de mon front – m’incitent à me ruiner et à mettre ma vie en péril ;
· Les fabricants de cigarettes qui – en mettant à ma disposition une drogue libre destressante lorsque je suis concentré sur les tirages des jeux en ligne – m’incitent à me ruiner la santé et à mettre mon compte en banque en péril ;
· Les fabricants et vendeurs d’escabeaux qui – en me permettant d’atteindre le haut de mes placards pour ranger mes petites affaires personnelles, dont les stocks de cigarettes que je m’efforce de ne plus consommer – m’obligent à risquer ma vie et l’équilibre précaire de mes membres confrontés inévitablement à une chute contre laquelle ils n’ont rien prévu ;
· Les constructeurs d’automobiles qui – en vendant des voitures simplifiant mon transport jusqu’au bureau de tabac– ne m’empêchent pas de dépasser les limites de vitesse en appuyant si facilement sur une seule pédale, ni d’éviter les arbres et autres obstacles qui se jettent sans prévenir sur mon axe de circulation ;
· Les communes qui plantent des arbres et autres obstacles sur les bords des routes – créant les conditions d’un voyage ombragé et plaisant – ne prennent nullement en compte les risques d’assoupissement et d’abus d’alcool ;
· Les marchands de piscine – dans laquelle je me prélasse une cigarette au bec et un verre de punch à la main en attendant le tirage de la super cagnotte mondiale - qui n’ont pas inscrit sur les carrelages du fond que si on arrive à cet endroit sans savoir nager on n’a peu de chance de pouvoir remonter à la surface ;
· Mes parents qui m’ont mis au monde – en m’offrant ainsi l’occasion de découvrir les joies de la vie sous toutes ses formes – m’obligent à affronter tant de périls sans être doté de supers pouvoirs ;
· Les ingénieurs de génie civil – qui me permettent de traverser les rivières sans mouiller mes sandales hyper top fun – n’ont pas prévu qu’en sautant d’une telle hauteur après avoir perdu au casino on n’avait pas seulement la sensation de voler ;
· Les fabricants d’allumettes – que l’on est si content de trouver lorsque son briquet à pris l’eau de la piscine – qui n’ont pas joint aux boites vendues le gant ignifugé permettant de ne pas se brûler en les allumant ;
· Au père noël, aux fées et autres dieux – qui m’offrent les délices de rêver qu’un monde meilleur est possible sur simple demande – mais n’ont pas exaucé mon vœu de gagner au loto ;
· Des survivants et descendants - de ceux qui se sont battus pour ma liberté - qui m’obligent à prendre des décisions et des risques en permanence !!!!
Et s’il me reste un peu de temps, je n’oublierai pas :
· Le maçon qui a construit un escalier qui descend dangereusement vers le bas,
· Les fabricants de grille pain à cause desquels j’avale chaque matin des toasts carbonisés,
· Les animateurs de radio qui retiennent mon attention et me font oublier de surveiller mon pain,
· Le marchand de casserole qui n’a pas indiqué en gros et en rouge dans le fond qu’il ne fallait pas y mettre les mains pour vérifier que la chaleur de l’huile était la bonne,
· Le confiseur qui vend du sucre provoquant des caries et une boulimie maladive,
· Les publicitaires qui n’indiquent pas sur leur affiche que l’on n’est pas obligé d’acheter,
· Mes partenaires sexuels qui ne s’inquiètent pas à ma place de la nécessité de se protéger,
· Mon fournisseur d’accès à Internet qui ne déconnecte pas les sites sur lesquels je perds mon temps à surfer au lieu de travailler,
· Etc.
· Etc.
· Etc.
17:20 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour, ecriture, avocat, responsabilité
30 novembre 2005
Apostasie
le temps me manque ce soir pour développer un thème qui me semble d'une urgente actualité : l'apostasie.
Alors je vous invite à vous rendre sur les sites suivants : Un échange d'opinion sur la question
21:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour, religion, emprise, apostasie
19 novembre 2005
Un métier... comme un autre !
Je fais un métier formidable. Vraiment !
J'ai cette grande chance de pouvoir ressentir en direct les émotions d'un public ; de faire naître un sentiment de communion entre des inconnus qui vont, durant quelques heures, constituer un groupe uni dans une même démarche, se soutenir, s'aider, accepter les failles de l'autre, l'aider à progresser, l'accompagner dans ce chemin. Ils se confient à moi. Ils parlent sans crainte des difficultés de leur vie professionnelle. Ils attendent que je leur apporte un petit peu plus de force pour mieux s'en sortir. Je ne leur transmets rien directement. Je les interpelle. Je leur montre des pistes. Je les mets en situation de s'en emparer, de se les approprier. Ensemble ils les testent, les critiquent, les analysent et parfois les accueillent.
Durant un jour, deux, parfois trois, plus rarement quatre, exceptionnellement cinq, toutes nos heures diurnes se vivent dans cette intimité. Ce n'est souvent qu'avec une certaine émotion que nous nous quittons. Les promesses de se voir vite, de s'appeler, s'échangent entre eux. Et je les aime vraiment.
Je m'intéresse à ce qu'ils vivent. Je les encourage à m'en dire plus. Je veux qu'ils se souviennent de nos échanges ; pour cela, je fais beaucoup d'efforts. Je reformule inlassablement mes propos. Je les oblige à les comprendre dans leurs moindres détails. Je sollicite leur attention en permanence, ne leur laissant aucun répit. Je rattrape d'un déplacement, d'un regard, d'une variation dans la voix celui qui s'échappe du groupe. Je crée des alliances éphémères entre une partie d'entre eux. Quelquefois je ruse et les oblige à s'affronter en sous-groupe. Je les filme dans leurs meilleurs moments et leur permet de se voir se mettre en scène devant les autres. Je valorise leurs atouts, leurs efforts ; je les encourage à dépasser leurs faiblesses, à les amoindrir.
Je suis largement payé en retour... Leurs remerciements, leurs satisfactions, leur mieux-être, leur envie d'aller plus loin, leurs appréciations positives, leurs sourires, leurs rires parfois... sont autant de trésor qu'ils laissent dans la salle en partant et dont je me nourrie.
Et pourtant je ne change pas le monde. Je n'ai pas l'ambition de créer la moindre communauté permanente. Je n'aspire à aucune reconnaissance publique. Je n'ai pas la moindre volonté d'emprise sur quiconque, ou la conscience de quiconque. Je suis appelé à m'effacer de leur mémoire au bénéfice de l'expérience qu'ils ont vécu et qui s'intégrera dans leur comportement, leur travail, leur quotidien de telle sorte qu'ils oublieront un jour l'avoir appris.
Je suis maïeuticien... non, non ! Pas celui-là, l'autre. Moi ce ne sont pas des bébés que je mets au monde, mais des idées, des actes, des comportements, des mots ! Parfois on dit aussi facilitateur, ou plus communément animateur. Mais en réalité je suis consultant formateur. Vous aviez deviné ?!
00:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, metier, formation
12 novembre 2005
11 novembre
Galère cette coupure pour maintenance des blogs hier !! Bon terriblement optimiste je prends le parti que désormais le service de blogspirit sera irréprochable !
Hier c'était le 11 novembre, un jour comme ça cadeau pour ne rien faire...
Et moi de vouloir en profiter pour vous laisser quelques mots... puis impossible ! Alors je suis sorti m'aérer. C'était plutot agréable de marcher dans la ville, un peu déserte, froidement sèche.
J'ai assisté à un moment sympa... extrèmement simple... mais si rare que je me suis surpris à sourire lorsque c'est arrivé : je marchais dans ma rue, j'allais rentrer chez moi... et les lampadaires se sont allumés !
D'accord c'est pas non plus un événement qui mérite un long commentaire. Mais il se trouve qu'à ce moment là je pensais au 11 novembre et à mon regard un peu complaisant sur les cérémonies qui ne devaient pas manquer de se dérouler un peu partout en France. Et là la lumière s'allume. Je flane encore un moment. Je passe chez le boulanger. Nous échangeons quelques mots dans la bonne humeur...
Oui c'était un 11 novembre dans un pays en paix... OK je n'ignore pas les tensions sociales, les désagréments, les insatisfactions... mais savez-vous combien de pays au monde laissent la latitude à chacun de se ballader sans trop de crainte, d'avoir l'électricité dans les rues, d'aller acheter son pain... ? Finalement c'est idiot mais j'ai envie de dire merci à ceux des générations précédentes qui se sont battus pour nous permettre cela.
16:50 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour, ecriture, 11novembre, guerre, politique, nationalisme
04 novembre 2005
Voyager ?
Et hop une ville de plus... que je ne connais pas !
Mes différentes activités professionnelles m'ont amené régulièrement à voyager... "Génial, super, fantastique ! Quelle chance tu as ! Comme je t'envie, etcetera, etceteri", j'entends ce genre de réaction continuellement...
Eh ben non ! Pas du tout ! Comment faire comprendre que voyager c'est voir, sentir, comprendre, vivre avec, prendre le temps de découvrir... et que mes voyages à moi sont souvent avant tout une source énorme de frustration ?!
Arrêtez de réfléchir ! Cessez (je vous dis de cessez... s'il vous plait !) de ronchonner en pensant que je suis encore un privilégié qui se plaint de ses privilèges et laissez moi vous raconter le petit voyage dont je rentre à l'instant.
Départ jeudi après-midi : appel à la borne de taxi la plus proche de mon domicile. Cool un taxi m'attend dans trois minutes à la porte de chez moi. Je file mon sac d'ordi dans une main, ma fidèle petite valise à roulettes dans l'autre. Je saute dans une magnifique voiture grise (encore qu'était-elle noire, jaune ou verte... j'ai oublié... non pas verte, ni jaune ça m'aurait frappé quand même !)
Une petite demi-heure plus tard je suis à Orly à l'enregistrement d'Air France. Un charmant jeune homme (ça forcément j'ai été frappé et pour cause y'avait trois files sans personne, j'ai délibérement choisi celle-ci... y'a pas de mal à s'octroyer des petits plaisirs infimes dans la vie !) m'indique que, comme je suis très en avance (...mon habitude de prendre des marges pour éviter la crise de nerfs en cas d'embouteillage en région parisienne...) je peux prendre l'avion précédent le mien. "Oh quel bonheur, je serai à l'hôtel une heure plus tôt !" (ton très enjoué... enfin très "je-te-fais-plaisir-en-ayant-l'air-content-mais-si-tu-savais-comme-je préfèrerais-passer-cette-heure-dans-tes-bras-mon-joli") et me voilà quelques minutes plus tard dans l'avion.
Tout semble bien se dérouler, je me plonge dans le journal - offert gracieusement par notre compagnie nationale - le commandant de bord en est à se présenter à nous, lorsque reprise de micro il nous annonce "Mesdames et messieurs, mauvaise nouvelle, une trace dans la carlingue vient d'être découverte, notre avion n'est plus autorisé à décoller...". Je vous passe les détails... après tergiversation la compagnie décide de nous convoyer par l'avion suivant...
Vous avez suivi ?... Je me retrouve donc après une demi-heure à entendre les nouvelles cartes d'enregistrement dans l'avion que je devais initialement prendre, mais qui cette fois est retardé... pour cause de changement de véhicule des passagers du vol précédent... dont je fais parti maintenant ! (Ben faut suivre un peu !)
Le vol se passe bien je vous remercie. Un jus de tomate et trois gâteaux apéritifs plus loin... nous atterissons à STRASBOURG ! Je suis super content je n'avais encore jamais eu l'occasion de venir dans cette ville européenne !
Je récupère ma valise (la fidèle à roulettes qui ne s'éloigne jamais beaucoup de moi... bon d'accord, je la fais voyager en soute parce que sinon on me confisque ma kalachnikov, mes grenades anti-char, ma pince à épiler et mon couteau suisse... et j'en ai marre de racheter des pinces à épiler toutes les semaines !)
Je traverse le hall de "l'aéroport international de Strasbourg" - c'est marqué dessus ! (à ce moment là vous vous esclaffez en pensant "Quelle chance il a d'avoir traverser le hall de l'aéroport itnternational de Strasbourg !!!!" - et vous n'êtes pas au bout de vos surprises !) et je saute dans le premier taxi disponible (jolie voiture grise... ou noire... ou jaune... ou verte... Non pas jaune ou verte parce que là ça m'aurait... Vous connaissez la suite.)
Un quart d'heure plus tard, j'arrive à l'hôtel. Oui une chambre a bien été réservée à mon nom... "Souhaitez-vous dîner ?" Allons-y ! Fantastique... une salade de gésier et une tarte au chocolat, le tout agrémenté d'une bière alsacienne... faut bien honorer les spécialités locales ! Il est autour de 23 h et je me retrouve dans ma chambre d'hôtel !
Euh là je peux dire que la qualité de la chambre m'a frappé : minable !!! à peine la place où tourner autour du lit et un sommier complètement défoncé à gauche... tant pis je dormirai à droite ce soir ! Le temps de zapper sur les programmes télé... Pas de chance ce soir rien d'intéressant. Je relis par acquis de conscience le contenu de la présentation que je vais faire demain et yop dans les bras de morphèe (Ouais elle est sympa elle m'accompagne elle aussi dans tous mes déplacements... bon même si parfois elle se fait pas mal attendre pour m'offrir le sommeil !)
6h 45 : réveil téléphonique ! "La société X est heureuse de vous souhaiter une bonne journée". Petit déj. très convivial dans la salle du restaurant : thè, croissant, jus d'orange, yaourt, tranches de pain confiture, un petit morceau de fromage et de jambon... Je récupère ma valise ("oui bon ça va on sait elle a des roulettes et elle est bleue"... Ah non ?! je ne vous avais pas encore dit qu'elle était bleue !!). Je règle ma note et... re-taxi... (couleur non mémorisée, marque de la voiture non plus d'ailleurs... encore que 9 fois sur 10 c'est une voiture allemande ! Allez savoir pourquoi... peut-être que l'industrie allemande est spécialisée dans les voitures-taxi... Il faudra que je pense à approfondir la question... tiens !)
J'arrive dans l'entreprise qui m'accueille aujourd'hui. "Oui, j'ai ma carte d'identité" - c'est une manie ça maintenant partout on vous demande votre carte d'identité - et me voilà doté d'un joli badge avec un grand "V" comme... comme ?... Vous n'êtes pas très en forme là... "visiteur" bien sûr... bon y'en a un qui suit c'est déjà ça !
Je vous passe la journée... blablabla... "ah vraiment c'est intéressant ce que vous présentez"... déjeuner à la cafétaria de l'entreprise... blablabla... "ah c'est dommage que vous partiez déjà, on avait encore plein de choses à voir ensemble"... et... retour à l'accueil... troc badge contre carte d'identité... et... re-re-taxi ! Là j'ai fait simple, le chauffeur du matin m'a laissé sa carte... et comme c'est toujours plus sympathique d'appeler quelqu'un que l'on connait dans une ville que l'on ne connait pas... nous avons super échangé sur le trajet jusqu'à l'aéroport !
Ré-enregistrement... je quitte l'oeil ému ma valise qui disparaît sur le tapis roulant... "La reverrai-je un jour ?..." Je passe le portillon de sécurité (soit dit en passant ils sont un peu sur les dents à Strasbourg... Une charmante dame m'a demandé d'enlever mon imper, ma veste et m'a confié à son collègue qui n'a pu résister à l'envie de se jeter sur mon corps et de me tripoter de la tête au pied... pas de chance j'avais laissé ma kalachnikov dans ma valise... avec ma pince à épiler !)
J'attends en compagnie de mes camarades de voyage... tous inconnus, mais étrangement similaires les uns aux autres : costume-chemise-parfois-cravate pour les hommes, tailleurs pour les femmes et les 4/5ème avec un ordinateur à la main et le téléphone dans l'autre... faut bien occuper le temps.
scrrriic... scrriic... message : "Mesdames et messieurs... nous sommes au regret... " Bon rien de tragique cette fois, juste un retard de 20 minutes pour des raisons obscures... Finalement, embarquement, décollage magnifique dans la nuit, atterrissage non moins magnifique une heure plus tard... le temps d'un jus de tomate et d'un... infame sandwich offert par notre compagnie nationale... la même chose que les anciens sandwich SNCF... en moins cuit... franchement dégueulasse !
"Mesdames et Messieurs nous sommes arrivés à Paris-Orly, la température extérieure est de 14°..." Ok ! Je récupère ma valise, nous nous jetons dans les bras l'un de l'autre (enfin elle m'offre généreusement sa poignée à saisir... elle est pudique tout de même !) et... re-re-re-re-taxi !
Une demi-heure plus tard je retrouve les joies de mon domicile !
et me voilà vous racontant mon magnifique déplacement à... euh c'était quoi la ville déjà ???
23:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour, voyage, travail, deplacement, strasbourg, taxi
02 novembre 2005
Ne voir que d'un oeil
Tiens tiens today suis particulièrement en verve (et contre tout ! diraient certains qui me connaissent...). Il se trouve que je rentre là d'une petite intervention chirurgicale sur l'oeil. Rien de grave mais l'occasion d'une expérience intéressante : j'ai un oeil couvert par un immense pansement et donc... je ne vois que d'un oeil !
Et subitement je comprends quelque chose : pour avoir une perspective il faut croiser le regard.
"Il lui a fallu attendre bientôt quarante ans pour découvrir cette évidence"... oui oui je sais il m'arrive de lire dans vos pensées !
D'ac. théoriquement on le sait tous peu ou prou ! Mais dans la pratique je vous assure... Voyant les rues parisiennes à cette heure complètement bouchées, j'ai pris la décision de rejoindre la station de métro la plus proche se trouvant sur ma ligne... et là de marcher dans les rues... l'oeil aux aguets ! Enfin comme je pouvais il va sans dire.
Terrible !
1er constat : les passants ne regardent pas devant eux ! J'ai dû faire hyper attention pour éviter tous ceux qui n'imaginaient pas que mon champs de vision puisse être amputé de moitié.
2ème constat : c'est fou le nombre de vélos, motos et autres engins garés sur les trottoirs (euh... ben non j'avais pas mon vélo avec moi cette fois, pourquoi ?) Et là j'ai offert le joli tableau d'un garçon qui avance la main en avant parce qu'il est tout simplement incapable de savoir, autrement qu'au touché, si le rétroviseur ou le guidon qu'il rejoint est à 1 m. ou 20 cm. ! Délire, non ?!
3ème constat : on parle différemment quand on ne voit pas bien ! Bizarre, mais je vous assure qu'en passant à la pharmacie pour acheter les deux soins prescris, puis à la boulangerie... une demi baguette (et oui forcément j'ai l'oeil moins gros que le ventre ce soir !) j'ai eu l'impression de ne parler qu'à la moitié de chacun de mes interlocuteurs...
Alors tout cela aboutit à une seule et unique question : Vous croyez qu'une telle mésaventure... permanente... pourrait expliquer que d'aucun ait une vision du monde un peu racornie ? Enfin je ne vise personne en particulier... d'ailleurs c'est mon oeil de visée qui est caché ce soir !
18:50 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour, maladie, oeil, expérience, ecriture, voir, regard
Lacheté !
Au début forcément on a envie d'écrire longuement. Puis les mots ne viennent pas si facilement. Après tout c'est étrange d'inscrire quelque chose qui - potentiellement - est public, sans pour autant être comme d'autres écrits, plus habituels, publiés officiellement avec un nom, une couverture, de l'imprimerie...
Je réapprends à écrire.
Ma pensée est toute là... et puis cette femme crie dans la rue.
Je me précipite à la fenêtre. Trop tard - que puis-je faire de mon deuxième étage ? Des gens viennent vers elle. Et nous voyons tous au loin déjà un jeune homme baraqué, cheveux courts, blouson et jeans, silhouette courant vers ailleurs... tenant les bras serrés contre lui même le sac qu'il vient d'arracher à cette vieille dame !
Facile, tellement facile, tellement lâche ! Une rue calme, un début d'après-midi brumeux, personne alentour, une femme avec son cadie de course, son sac à main à portée de la lacheté la plus pitoyable !
Et subitement plus envie d'écrire autre chose !
15:20 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humeur du jour, vol, scandale, lacheté, agression, rue, paris

