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24 octobre 2007

Procrastination (suite)

voilà une illustration sublime de ce dont je parlais dans le billet précédent !

http://www.youtube.com/watch?v=4P785j15Tzk cliquez ici !! enfin si vous ne remettez pas à plus tard ;-) 

23:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : procrastination, ecriture, humeur, psycho

Pourquoi ne pas remettre au lendemain…

J’adore cette histoire de l’écolier qui attend l’heure où sonne la cloche du début des cours pour se précipiter chez le fleuriste du coin de la rue. Il achète son petit bouquet et se dirige d’un pas tranquille vers la classe où il sera en retard. Son sourire contient tout le plaisir qu’il anticipe à remettre ces quelques fleurs à sa maîtresse en prenant l’air le plus désolé possible. Il sait qu’elle va balancer quelques instants entre des sentiments contradictoires. Elle sera furieuse qu’il soit – encore – en retard. Elle sera touchée parce qu’il aura – encore – une bonne excuse. Elle tentera de ne pas se laisser attendrir par cet air contrit mais sera bien obligé d’accepter les fleurs… Il serait incompréhensible qu’elle ne les prenne pas ! Et voilà comment être sûr qu’aucun n’autre élève ne marquera son empreinte de manière aussi originale. Tous ceux qui tenteraient de l’imiter ne seraient que de pâles copies devant tant de savoir faire.

 
Oui parce que procrastiner est un art ! Il s’apprend très jeune et nécessite des heures d’entraînement. Il ne faut pas croire qu’il est aisé d’affronter les conséquences de son retard. Au début on teste surtout sa capacité à faire les choses dans le stress et l’angoisse de la dernière minute. La satisfaction que l’on en retire est sans proportion avec celle de remettre son travail en temps et heure. Dans ce dernier cas il y a juste le plaisir d’être arrivé au bout d’une tâche. Dans la situation précédente, il y a non seulement ce même plaisir, mais en plus la jouissance d’être parvenu à surmonter une situation qui paraissait impossible.

C’est un peu la différence qu’il y a entre traverser dans les passages piétons en regardant d’abord des deux côtés, pour vérifier que la voie est dégagée… et forcer le passage dans une circulation dense, là où les automobilistes vont être obligés de freiner pour éviter de renverser « l’inconscient ».


L’impression de surmonter l’impossible, d’imposer à l’autre son propre rythme, de dépasser le risque banal pour atteindre un risque suprême, voilà quelques sensations que seule la procrastination peut offrir.

 
Mais elle fait aussi beaucoup souffrir.

D’abord il y a toutes ces heures perdues à occuper le temps pour ne pas être disponible pour la tâche à réaliser.

Là plusieurs options sont possibles.

La plus facile est la suractivité : remplir l’agenda de tâches subalternes simples. Les activités ménagères du quotidien en offrent un catalogue fantastique. Cela ne demande aucun effort, libère le cerveau et est très chronophage… Surtout si on s’y attelle avec suffisamment de perfectionnisme !

La plus élaborée peut vous entraîner vers quelques dérives. On s’appuie alors sur tout ce qui vous fait oublier le temps et les contraintes. Certains usent de drogues illégales ou de drogues légales, comme l’alcool. D’autres s’accrochent à des activités compulsives et répétitives, comme les jeux informatiques ou des activités sportives très intenses. Quelques autres occupent plutôt leur temps dans des plaisirs sexuels sans effort et sans lendemain.

Dans tous les cas, la sensation de satisfaction immédiate est intense ; sans quoi l’activité choisie n’est pas utile.

Mais le réveil est toujours douloureux.

Parce qu’il y a toujours le moment où la tâche principale, remise à plus tard, revient sur le devant de la scène. Et le temps commence à manquer et/ou les conséquences commencent à devenir très périlleuses. Le stress monte.

Alors vient une souffrance supplémentaire : la culpabilité d’avoir - encore - sombré dans ce que l’on ressent comme de la légèreté ou quoi que ce soit d’insupportable et de négatif.

L’angoisse suit de près : « Je n’y suis pas encore arrivé, je n’y arriverai pas ».


Avec le temps on devient très clairvoyant sur le jeu que l’on mène.

Si au début on peut être un procrastinateur inconscient, il est rare qu’on le reste longtemps. Les conséquences les plus fâcheuses, ou les plus douloureuses, permettent d’en prendre conscience. Il est, en effet, inévitable de se retrouver à flirter avec le danger… de perdre son travail, de perdre son conjoint, de perdre ses amis, de perdre de l’argent, de perdre des avantages de quelle que nature qu’ils soient. Alors on prend peur, vraiment. On se jure, devant sa conscience la plus vive, que jamais, au grand jamais on ne nous y reprendra… jusqu’à la fois suivante !

 

A force on devient un véritable expert de sa névrose et l’on finit même par être capable d’utiliser tout son temps à analyser le temps que l’on passe à ne pas faire ce que l’on devrait faire… On invente l’arme absolue : l’analyse de la procrastination en action ! Plus l’analyse avance, plus l’objet de l’analyse prend de l’importance… puisque l’analyse est devenue le moyen de faire vivre l’objet. Elle sert à utiliser le temps à ne pas faire ce qui devrait l’être !!

19:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, psychologie, procrastination, souffrance, risque

21 octobre 2007

Jeu : Attention dépendance !

Pourquoi devient-on forcément dépendant aux jeux en ligne ?

Tout simplement parce que l’on y joue !

Oui ! Un jour j’ai compris que le seul objectif que l’on peut poursuivre est : TENIR.

Tenir le plus longtemps possible, voilà le but ultime du jeu. 

Il n’y pas de « partie » dans la quasi-totalité des jeux auxquels on peut gratuitement jouer sur internet. C'est-à-dire que le jeu ne s’achève pas… ou peut-être que si… ??

Et là vous vous posez la question piège : jusqu’au faut-il aller pour terminer la partie ? Quel est le tableau du vainqueur ?

A ce moment là, les heures défilent et vous êtes pris par le jeu. Vous en devenez peu à peu dépendant… Pourquoi ? Et bien parce que vous ne trouvez pas la réponse à votre question : ce jeu a-t-il une fin ? 

Vous pourriez vous lasser très vite… D’autant que vous ne pouvez pas toujours mémoriser un code pour repartir du dernier tableau atteint… Oui mais d’un autre côté… Les jeux dans lesquels cela est possible… il vous a fallu des mois, notant précieusement le dernier code gagné ; vous y êtes parvenu !

En plus, plus vous jouez, plus vous devenez habile. Finalement les premiers tableaux deviennent presque un échauffement sympathique et connu. Et vous avancez… toujours plus loin… toujours plus longtemps… les parties deviennent interminables… vous devenez un super crack… Mais toujours pas de fin ! 

Bon… rationnellement plus vous avancez, plus vous vous rapprochez de la fin. Sauf… si le jeu tourne en boucle !!!!

Je suis assez sidéré des commentaires sur l’emprise des jeux informatiques, notamment, sur les ados. 

Souvent les parents acceptent d’acheter ces jeux (ou de laisser l'accès à internet à disposition). Souvent ils s’extasient sur la concentration de leur enfant sur ces jeux. Sans penser que le simple fait de ne pas interdire ces jeux à leur enfant… met celui-ci face à une injonction paradoxale. Un double-bind comme disent les anglophones. La traduction littérale est assez parlante : une impasse.

Oui une impasse dont on ne peut pas se sortir. Doublement fermée. Quel que soit le sens dans lequel on la prenne – dès lors que l’on y est entré – on tombe sur un mur ! 

Permettre à quiconque d’approcher un jeu… et s’extasier de la dextérité et de la concentration du joueur revient à dire à celui-ci : « continue à te droguer, tu es sur la bonne voie ».

Alors interdire le jeu ??? NON !!

Peut-être commencer par expliquer comment ça marche ? Peut-être se poser la question du fait que cela seul soit attrayant ? Peut-être trouver d’autres sources d’intérêts et de satisfaction ?...

Tout ceci peut allègrement se mélanger. Comprendre que le jeu est une détente… Qu’il ne faut pas se « prendre au jeu »… il est vicieux et dévoreur de temps ! Et découvrir d’autres plaisirs… 

Bon allez je suis gentil : amusez vous. Mais avec modération ;-)

(http://www.absoluflash.com/jeux-reflexion/jeux-memorisat...

Une bonne adresse, je vous recommande tout particulièrement le troisième « Alchemy ».

Hum… hum… Mon record ? euh… 27 tableaux gagnants.

01:20 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dependance, jeu, jeux, injonction, paradoxale, doublebind, impasse

07 octobre 2007

Un détail lourd de sens

Ce serait faire injure à M. Fillon que de penser qu’un homme politique, aussi expérimenté que lui, utilise sans le vouloir un vocabulaire connoté. Je n’ose même pas l’imaginer.

Pourquoi tant de bruit pour un détail ?

Parce que le propre du vocabulaire politique est de faire appel à des images, des représentations pour toucher au-delà des mots l’opinion publique.

Pour cela, on en appelle à une terminologie dont on sait, par avance, qu’elle va porter le message longtemps après la prononciation de la phrase. On aura oublié quand et comment cette idée a été prononcée pour n’en garder que le sens.

Et justement le détail n’en est pas un.

Il y a eu trop de bruit autour du mot « détail », lorsque M. Le Pen s’en est emparé, pour que celui-ci puisse désormais être considéré comme un terme sans histoire.

Inévitablement se servir de ce mot, dans l’absolu d’un message politique, convoque dans l’imaginaire la banalisation des chambres à gaz.

Lorsque ce terme est utilisé par le 1er ministre d’un chef d’Etat qui s’est vanté ouvertement de draguer les électeurs du Front national, l’association est encore plus inévitable.

Enfin lorsque F. Fillon use du « détail » pour qualifier une mesure condamnée par beaucoup pour ses relents eugénistes, il ne peut y avoir place à l’erreur ou à la gaffe.

Sélectionner des hommes, des femmes et des enfants, sur un critère aussi arbitraire que le lien génétique qui les unit, revient, en effet, à rechercher un critère subis de différenciation entre les êtres humains. Cela revient à condamner l’idée même de volonté de se rassembler autour d’autres critères plus évolutifs, plus volontaires.

Les liens que les hommes choisissent pour se réunir peuvent être : l’affection, l’amitié, les idées, les croyances, la culture, l’organisation d’une société, etc. On touche encore une fois la question des fondements du « contrat social ».

L’idée sous-jacente véhiculée par le test ADN est que l’on opte pour un critère purement sanguin.

On n’est pas très loin de la notion de race qu’utilisaient justement les inspirateurs des chambres à gaz.

Il y avait pour eux une race génétiquement supérieure, les Aryens, qui devait être purifiée des scories qui s’étaient accumulées au fil des siècles. Et on les brûla. L’horreur absolue. La purification ethnique.

Tous ces faits historiques arrivent en masse dès que l’on qualifie de « détail » une mesure de sélection.

Alors M. Fillon n’aurait pas conscience de cela ?

Soit nous avons affaire à une communication dangereuse pour la sérénité du débat public, soit nous avons affaire à un homme qui laisse son inconscient s’exprimer à sa place…

Soit l’on veut instiller des idées nauséabondes dans l’esprit public soit on n’a même plus conscience qu’elles le sont…

Quel est le plus grave ?

18:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarko, fillon, detail, politique, débat, communication