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07 octobre 2007
Un détail lourd de sens
Ce serait faire injure à M. Fillon que de penser qu’un homme politique, aussi expérimenté que lui, utilise sans le vouloir un vocabulaire connoté. Je n’ose même pas l’imaginer.
Pourquoi tant de bruit pour un détail ?
Parce que le propre du vocabulaire politique est de faire appel à des images, des représentations pour toucher au-delà des mots l’opinion publique.
Pour cela, on en appelle à une terminologie dont on sait, par avance, qu’elle va porter le message longtemps après la prononciation de la phrase. On aura oublié quand et comment cette idée a été prononcée pour n’en garder que le sens.
Et justement le détail n’en est pas un.
Il y a eu trop de bruit autour du mot « détail », lorsque M. Le Pen s’en est emparé, pour que celui-ci puisse désormais être considéré comme un terme sans histoire.
Inévitablement se servir de ce mot, dans l’absolu d’un message politique, convoque dans l’imaginaire la banalisation des chambres à gaz.
Lorsque ce terme est utilisé par le 1er ministre d’un chef d’Etat qui s’est vanté ouvertement de draguer les électeurs du Front national, l’association est encore plus inévitable.
Enfin lorsque F. Fillon use du « détail » pour qualifier une mesure condamnée par beaucoup pour ses relents eugénistes, il ne peut y avoir place à l’erreur ou à la gaffe.
Sélectionner des hommes, des femmes et des enfants, sur un critère aussi arbitraire que le lien génétique qui les unit, revient, en effet, à rechercher un critère subis de différenciation entre les êtres humains. Cela revient à condamner l’idée même de volonté de se rassembler autour d’autres critères plus évolutifs, plus volontaires.
Les liens que les hommes choisissent pour se réunir peuvent être : l’affection, l’amitié, les idées, les croyances, la culture, l’organisation d’une société, etc. On touche encore une fois la question des fondements du « contrat social ».
L’idée sous-jacente véhiculée par le test ADN est que l’on opte pour un critère purement sanguin.
On n’est pas très loin de la notion de race qu’utilisaient justement les inspirateurs des chambres à gaz.
Il y avait pour eux une race génétiquement supérieure, les Aryens, qui devait être purifiée des scories qui s’étaient accumulées au fil des siècles. Et on les brûla. L’horreur absolue. La purification ethnique.
Tous ces faits historiques arrivent en masse dès que l’on qualifie de « détail » une mesure de sélection.
Alors M. Fillon n’aurait pas conscience de cela ?
Soit nous avons affaire à une communication dangereuse pour la sérénité du débat public, soit nous avons affaire à un homme qui laisse son inconscient s’exprimer à sa place…
Soit l’on veut instiller des idées nauséabondes dans l’esprit public soit on n’a même plus conscience qu’elles le sont…
Quel est le plus grave ?
18:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarko, fillon, detail, politique, débat, communication

