17 avril 2011
Comme être absent de sa propre vie...
Barbara l’a si bien chanté qu’il est presqu’inconvenant de vouloir y ajouter quelque chose.
Et pourtant… ce mal insidieux tient à la fois du banal et du singulier.
Bien sûr on a beaucoup dit, écrit, parlé de tout cela.
Mais quelle est cette énergie funeste qui entraîne à restreindre sa vie au périmètre de l’absence ?
Cette contradiction absolue entre l’envie d’en sortir et l’incapacité à le faire…
Oh bien sûr on peut sourire, plaisanter, jouer son rôle, se montrer sociable…
Et puis l’on rentre chez soi et l’on s’enferme…
« …Et tout seul dans le silence d’une nuit qui n’en finit plus… »
Ne plus parler, ne plus sourire, ne plus lutter ; laisser passer le temps, vivre l’attente.
Mais quelle attente ?… Rien ne viendra frapper à ta porte puisque tu ne l’ouvres plus.
Tu le sais… mais « …on ne peut pas, on n’en peut plus … »
Chaque jour qui passe est une surprise… et un triste bilan.
Décidément il n’y rien qui vaille la peine… et pourtant elle est là, si forte, si angoissante. L’impalpable te tient à la gorge. Même les mots sont imprononçables.
« et voilà que soudain on y pense à ceux qui n’en sont pas revenus »
Et déjà on comprend qu’ils aient choisi d’arrêter de lutter.
On s’accroche néanmoins…
Peut-être qu’un jour… « …la joie de vivre… »
Mais cela ressemble tellement à un happy end de roman de gare que l’on a du mal à y croire !
Il faut se lever. On se lève. Il faut se coucher. On se couche.
Il faut travailler. On travaille. Il faut manger. On mange.
Mais déjà l’on se voit comme un automate qui prend la pose.
On se méprise alors d’autant plus.
Plus envie de rien.
« …Ils ont beau vouloir nous comprendre ceux qui nous viennent les mains nues… »
Je me souviens d’une phrase de mon père. Un jour il m’a dit qu’il se sentait souvent comme absent de sa propre vie. Je ne suis pas certain des mots mais l’idée était bien celle-ci.
Je crois que rien ne résume mieux cette sensation : être absent de sa propre vie !
19:08 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 octobre 2010
Amar
Amar,
Tu m’as ouvert ton cœur. Tu m’as fait partager ta souffrance.
Tu m’as confié ce terrible secret, ce moteur redoutable,
cette source d’énergie dans laquelle tu puisais inlassablement.
Tu savais, nous savions, que l’échéance approchait.
Mais tu as fini par me convaincre que non, finalement non…
Tout allait mieux ! Et tu as mis de la distance…
J’imagine – parce que les questions sont désormais sans réponse… -
Que tu as voulu me protéger… que tu as voulu protéger tout le monde.
Alors tu nous as offert ta force, ta beauté, ton envie…
Tout n’était plus que couleur, joie, rire…
Tu lâchais parfois une plainte…
Avant de l’enfouir très vite, trop vite !
Tu ne voulais plus me l’avoir dit.
Tu m’avais dit « Seras-tu là ? »
Et moi « oui ! Je serai là ! »
Et tu es parti seul,
Sans un mot, sans le dire…
Je comprends désormais que c’était ton ultime cadeau.
Tu restes éternellement beau et vivant dans ma mémoire.
Même tes souffrances étaient parsemées de cette incroyable force.
Je te revois encore, les sourcils en accent circonflexe, le sourire large,
Lorsque tu prenais mes joues en les pinçant,
« Ne sois pas triste, c’est comme ça… »
Et l’instant d’après il fallait rire et faire quelque chose.
Retourner dans cette course, cette urgence.
Tu ne voulais pas cesser de voyager.
Je revois tes valises. Tu préparais toujours celle du voyage d’après.
Tu en déposais une pour reprendre la suivante.
Un jour il n’y a plus eu de valise.
Un jour tu es parti léger…
Adieu joli cœur,
que ton voyage soit parsemé de fleurs…
Yann
17:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amar


